RETOUCHE, généralités...

l'importance de "bien observer" l'image
que l'on a à retoucher...

En formation, on observe que les stagiaires "se jettent" sur des commandes de retouche (ou mieux: sur des effets "spectaculaires") en négligeant l'observation approfondie de l'image qu'ils ont sous les yeux... Or, il est absolument certain qu'une "analyse méthodique" de celle-ci donnera un meilleur résultat final plutôt qu'une seule supposée maitrise de Photoshop, puisqu'elle permettra de choisir une méthode plutôt qu'une autre. Bien entendu, ce tutorial n'a rien d'exclusif : le but est simplement de détailler un processus d'analyse d'une image, de la "décortiquer", et donc de déterminer les "indicateurs" ou les "gardes-fous" qui permettront de diriger notre méthode de retouche. En voici les points essentiels...


1 - Observation des dimensions et de la résolution:

Bien sûr, cette étape est à "sauter" si la numérisation de l'image a été faite par nos soins, puisqu'on a défini nous-même la résolution et la taille de l'image.
Mais si tel n'est pas le cas, elle est indispensable... elle permettra notamment "d'anticiper" (et d'éviter des "tergiversations") pour tous les réglages, commandes, ou filtres qui nécéssitent un dosage en "pixels". Par exemple, un Flou Gaussien de 5 pixels n'aura pas le même impact visuel sur une image de 300x200 pixels plutôt que sur une image de 1200x800 pixels.

C'est la commande "Image-Taille de l'image" qui nous donnera le plus de précision, mais avec un peu d'habitude, on peut se contenter d'un simple coup d'oeil sur la barre de titre de la fenetre du document : après le nom du fichier et le "@", se trouve un chiffre en "%" qui nous indique le rapport d'affichage ("100%" , obtenu avec double-clic sur l'outil Loupe signifie: 1 pixel de l'image = 1 pixel de l'écran).

Ainsi, lorsque le document est affiché à 100%, si la fenetre affiche un gros zoom dans l'image, on saura que l'image est très grande.

2 - Analyse de "l'Histogramme":

L'Histogramme, qui sera détaillé plus précisément par ailleurs, est une représentation graphique de la répartition des pixels dans l'image (ou dans la sélection, si une sélection est active) dans la plage des 256 valeurs possibles. Accessible par la commande "Niveaux", il nous donnera les premières indications sur chacune des couches, et sur la synthèse de celles-ci.

Par exemple, un histogramme présentant un contour homogène (fig. Gauche) nous garantira que l'image n'a subi aucune action préalable : soit c'est un "brut–de–scan", soit l'image est directement issue d'un appareil-photo numérique sans aucune retouche.
C'est également cet Histogramme qui nous permettra, pour une quadri, de définir le Point Blanc et le Point Noir et le cas échéant de redistribuer les tons-moyens dans cette plage fraichement définie.

3 - Observation de l'image : zones à retoucher, zones "sensibles"

Enfin, l'étape qui consiste à s'occuper de l'image à proprement parler : son contenu. C'est la plus importante car elle nous permet de définir :

- les zones sur lesquelles les retouches doivent s'effectuer.
- les zones à "préserver", si d'aventure une retouche sur une autre zone amenait à provoquer des "pertes" ailleurs dans l'image...

si une zone est à détourer, ne pas hésiter à :

  • zoomer sur les contours de cette zone, et en observer la nature, afin de choisir une méthode de détourage : en effet, il n'est écrit nulle part que l'outil "Plume" EST systématiquement l'outil à employer (tout comme la "Baguette magique" qui, rappelonsle, est un outil de"Sélection" et non de "détourage"). Et c'est bien la nature de ce même contour qui va dicter la méthode de détourage à employer.

  • afficher successivement les différentes couches, les unes après les autres. En effet, il se peut que l'une d'entre elles présente un contraste important (et interessant) dans la zone à détourer. Il suffira de dupliquer cette même couche, et de gouacher la couche alpha ainsi obtenue de Blanc et/ou de Noir, pour isoler la zone en question. Cette méthode est très souvent employée pour les détourages complexes (les cheveux par exemple), parce qu'elle permet de conserver certaines transparences dans les portions du contour qui l'imposent.

4 - Observation du "grain" et du "piqué" de l'image

Il est en effet conseillé de parcourir l'image, même rapidement, avec un zoom important pour vérifier le "grain" de l'image. Cela permettra notamment :

  • d'appliquer ultérieurement, si besoin est, un apport en netteté (filtre "Renforcement-Accentuation"), si l'image est légèrement floue . Attention tout de même : ce filtre peut également s'avérer dévastateur sans une extrême prudence. Repérez les "zones sensibles" qui subiront des dommages sous l'effet de ce filtre, comme les zones de fort contraste, ou bien les peaux humaines (pour les portraits par exemple, une exagération du filtre "Accentuation" peut faire naître une acnée pré-pubère à n'importe qui, et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire !... ;-)

  • de détecter la présence d'un "bruit" dans l'image (et de l'évaluer). En l'occurence, si une zone est à "repeindre" avec les outils de dessin (parce que manquante, ou trop abimée), il faudra nécéssairement appliquer un "Ajout de bruit" (menu "Filtre-Bruit") pour que la retouche se fonde correctement dans l'ensemble de l'image, et qu'elle n'apparaisse pas comme "surfaite". C'est l'un des exercices les plus délicats en retouche numérique (voir images ci-dessous).


5 - derniers préparatifs:

Enfin, n'hésitez pas à "préparer" votre environnement de travail dans Photoshop en fonction du travail que vous avez à faire. Les points essentiels:

  • Dans les "Préférences", paramétrez vos "Règles" dans l'unité de votre choix (en "pixels" si vous retouchez une image pour le Web, en "cm" si elle destinée à l'impression).

  • Toujours dans les "Préférences", paramétrez vos "pointeurs" (fig.ci-dessous)
  • Affichez la "Palette Infos"; dans son menu local , ("Option de palette"), paramétrez -la selon vos choix pour les modes de couleur. Quel que soit l'outil sélectionné, un simple survol de l'image affichera systématiquement les valeurs parcourues, et on pourra également faire des échantillonnages successifs (jusqu'à 4) avec l'outil "Pipette".

NB: si vous êtes sur Mac, n'hésitez pas à "ajuster" la quantité de mémoire à Photoshop : si vous êtes certain par exemple de ne pas ouvrir d'autres applications pendant votre session, attribuez-lui le maximum possible, Photoshop appréciera !... ;-)


Conclusions :

Ces quelques précautions, basées sur l'observation et la préparation, sont indispensables pour un travail soigné, mais surtout pour définir précisément une méthode de travail plutôt qu'une autre... et au final, le gain de temps sera appréciable, tandis que les tergiversations, elles, vous feront perdre un temps fou.
D'autant qu'avec un peu d'habitude, ces mêmes précautions ne prennent que quelques instants...