RETOUCHE : correction d'une image en Niveaux-de-gris
1re partie : correction "globale"

Là encore, ce didacticiel n'est qu'un exemple, puisque, comme on aime à le rappeler, chaque image imposera une méthode de travail plutôt qu'une autre. Néanmoins, il servira à mettre en application les conseils d'analyse et d'observation donnés dans la page "Retouche, généralités".

Prenons l'exemple d'un "brut-de-scan" en Niveaux de Gris (Image ci-dessous) qui apparait comme manifestement très sombre (le terme "pourri" serait en fait plus approprié ;-) .

Pourquoi "Luminosité/Contraste" est vivement déconseillé...

Si nous suivons les conseils qui ont précédemment été donnés et que nous observons "vers où" doit s'orienter notre retouche, nous constatons:

- que cette image est très sombre
- qu'elle est très sombre particulièrement dans les Gris foncés
- que néanmoins, le mur d'arrière-plan présente un dégradé interessant qu'il faudra conserver.
- que malgré cet aspect sombre, le point le plus Blanc et le point le plus Noir sont parfaitement convenables, et devront aussi être conservés(*)

premières conclusions :

Il nous faudrait donc que cette image soit globalement éclaircie, mais seulement dans les zones Gris foncé, que c'est bien dans cette plage qu'il faut récupérer des détails (les blousons, par exemple) , le tout en conservant le Blanc et le Noir initiaux. Il nous faudrait également que le mur d'arrière–plan, finement dégradé, ne se transforme pas en véritable "àplat".

Et c'est précisément ce qui nous fait penser que le réglage "Luminosité/Contraste" n'est pas adapté pour ce type de retouche. Pourquoi ?... parce que lorsqu'on va chercher à éclaircir avec Luminosité, celle-ci va s'effectuer de manière uniforme sur toutes les valeurs de l'image : les Gris clairs, les Gris moyens, les Gris foncés et les Noirs. On peut vérifier le phénomène sur l'Histogramme (en bas, à droite) : l'effet de peigne est régulier. Or, rappelons-nous: nous voulions "conserver" les Gris clairs du mur d'arrière-plan... c'est donc que la partie de droite de l'Histogramme aurait dû conserver son état initial.

D'ailleurs, on voit bien sur l'image (ci-dessus à G.) qu'en perdant ces quelques valeurs de gris, le mur s'est irrémédiablement transformé en un aplat de Blanc. Et la compensation par le "Contraste" (pour retrouver des Noirs) n'y changera rien, bien au contraire : nous n'avons pas gagné de détails dans les zones de fort encrage : les blousonc, les cheveux, etc...
Essayons maintenant de détecter ces "zones sensibles" de notre image dans l'Histogramme (menu "Image-Réglages-Niveaux"). On voit que le mur du fond correpond à la zone "A" dans l'histogramme, (à G.) Son léger dégradé concerne des valeurs allant d'un Noir 0% à un Noir 25% (voir pointillé Rouge : même si la réglette du bas n'est pas graduée, il est bon de toujours faire une projection "mentale" en "%" pour savoir sur quelle plage on agit). Cela signifie qu'un éclaircissement trop poussif dans cette zone provoquera irrémédiablement la fameuse perte du dégradé dans le mur .
On voit également que la zone "B" (correspondant grosso-modo au valeurs comprises entre un Noir 80% et un Noir 100%) représente vraisemblablement la 2e "zone sensible" de l'image : les blousons et autres parties sombres de l'image. Celle, précisément, sur laquelle nous essaierons d'agir au mieux, pour récupérer du détail.
C'est donc, bien le réglage de "Niveaux" qui nous permettra le meilleur résultat : en déplaçant simplement le curseur central vers la Gauche (presque jusqu'au pointillé Rouge), ça signifie qu'on va "ramener" à une valeur proche de Noir 50% (gris moyen), toutes les valeurs qui, initialement, étaient proches des Noirs 70-80% !...

Création d'un calque de réglage "Niveaux" :

On évitera tant que possible d'appliquer de manière définitive le réglage de "Niveaux" sur l'image ou bien sur le calque. En effet, cela interdit toute modification ultérieure du réglage sans pertes supplémentaires... et ça évite aussi de multiplier les accès disques en sauvegardant d'aussi innombrables versions de l'image.

Les avantages du "calque de réglages" sont nombreux:

  • - La modification est toujours possible, par simple double-clic sur la vignette du calque le réglages se réaffiche avec les curseurs aux endroits où on les a positionnés (ce qui ne serait pas le cas en appliquant "en dur" un réglage une 2e fois : là, tous les paramètres seraient réinitialisés).
  • l'image de départ est conservée dans le calque de "fond" (ou dans le calque que l'on retouche)... ça évite d'encombrer le disque avec la sauvegardes d'innombrables versions temporaires.
  • La comparaison "avant/après" est facilitée : il suffit de cliquer/décliquer l'icone de prévisualisation (l'oeil) du calque en question ; autrement, seul le Pomme/ctrl-Z serait possible, mais à condition seulement qu'aucune autre commande n'ait été appliquée...
  • Le document ne s'alourdit que très peu : contrairement à l'ajout d'un calque "normal", qui serait codé en 3 couches pour une image RVB, ou en 4 pour une quadri, l'ajout d'un calque de réglage ne correspont qu'à l'ajout d'une "couche alpha", seulement codée en 8 bits donc 256 niveaux-de-gris (d'ailleurs, C'EST une "couche alpha").

Comment procéder:

avec Photoshop 6

Cliquer sur l'icône "Calque de Réglage" au bas de la palette des "calques", et choisir "Niveaux" dans le menu local (fig.de droite).

avec Photoshop 5.x et 4.x

Eviter de passer par le menu local, et cliquer sur l'icône "Nouveau calque" de la palette des calques en maintenant la touche Comm. (ou Ctrl) (fig. de droite). Dans le menu qui s'affiche, choisir "Niveaux".

La zone de dialogue du réglage "Niveaux" s'affiche alors, et il ne nous reste qu'à positionner ses curseurs tels que nous les avions prévus auparavant (fig.ci-dessous, à G.).
Attention : si cette image devait être l'imprimée, nous réduirions la plage de sortie, initialement de 256 valeurs de Gris. Autrement dit : nous ferions en sorte que le point le plus Blanc ne soit plus un Noir=0%,(mais Noir=5%) ,et que le point le plus Noir passe à un Noir=95%. De cette manière, le coin supérieur gauche de l'image (le haut du mur, quasiment blanc), ne risquerait plus de se confondre avec la couleur du papier... et les zones de fort encrage conserveraient une trame encore plus distincte.
Pendant que cette zone de dialogue est affichée et que nous ajustons les réglages, on constate que le survol de l'image à l'aide du pointeur de la souris modifie l'affichage de la palette "Infos". Celle-ci n'affiche plus une seule valeur, mais deux, séparées par un"/". Ces valeurs correspondent aux valeurs "avant/après" et sont particulièrement utiles en retouche (fig.de Dr.)
Dans notre cas, on veillera à ce que nos zones fortement encrées baissent suffisamment pour récupérer des détails, et que notre mur conservent des valeurs proches de ses valeurs initiales.
Si l'on devait "aplatir" l'image, et vérifier l'état de notre nouvel histogramme, on obtiendrait celui présenté sur la fig. de Gauche : la zone sur laquelle nous somme intervenus est bien la zone des Noirs supérieurs à 50%, le reste étant resté quasiment dans son état initial, préservant ainsi les zones claires et le dégradé du mur.

Et voici le résultat...

Bien sûr, on constate, après avoir éclairci l'ensemble de l'image, qu'un problème, qu'on ne distinguait pas dans le "brut–de–scan" (lorsqu'il était trop sombre), apparait maintenant au bas de l'image...
C'est "volontairement-exprès-fait" (;-) ... pour voir comment on peut faire une "correction locale" sans toucher à l'image, et seulement en agissant sur la "couche alpha" générée par le calque de réglage qu'on vient de créer.

2e partie