Les BANDITS
de Gauche à Droite :

Jean-Marc Mannucci : Guitares, Chant

Bernard Segard : Guitares, Chant

Christine Lidon : Basse, Chant

Thierry Niro : Batterie

Un curieux mélange s'est formé en cette année de 1981 autour de Bernard Segard, guitariste aussi imprévisible que génial. Se trainant depuis des années une étiquette d'éternel instable malgré un CV flatteur (il a en effet joué avec les Dogs de Rouen), et ayant cette rare particularité de produire un son gigantesque et des riffs des plus assassins avec une technique limitée, son style est en osmose totale avec sa propre personnalité : "décalé" à l'extrême, bourré de tics, et jamais capable de jouer 2 fois la même chose... . Link Wray et Johnny Thunders n'avaient qu'à bien se tenir !...Sa copine du moment, Christine Lidon, bassiste et ex-choriste de "NameLess" prend le micro et devient rapidement "la voix" du groupe...
A l'origine des meilleures compos des Bandits, la progression de Christine sera fulgurante, et elle montrera une soif de réussir manifeste, au point de devenir... "surprenante" par la suite. A la batterie, Thierry Niro, malgré une culture musicale radicalement opposée au début, va stabiliser l'ensemble et se revèlera comme le "technicien" du groupe, il a fait de la batterie son véritable métier jusqu'à aujourd'hui encore. Alors que nous partagions le même local de répète dans une cave du Vieux-Nice, et que j'étais déjà un véritable "fan" de Bernard, bien que beaucoup plus jeune, je me fais rapidement et facilement séduire par ce combo qui joue à cent à l'heure le "Sex Beat" du Gun-Club , le "Motorbike Beat" des Rezillos, mais aussi le "Stupid Cupid" de Brenda Lee et une version sulfureuse de "Strichnine", plus proche de la version des Sonics que de celle des Cramps... J'abandonne alors mon propre groupe, composé d'amis d'enfance, et me jette dans cette aventure si prometteuse.
A partir d'un premier Single auto-produit prometteur, "Le Millionnaire" (enregistré avec un Revox 2 pistes), l'aventure à 4 durera 2 bonnes années, ce qui représente un exploit en ce qui me concerne : en effet, encore à ce jour, aucun autre guitariste que moi n'a été capable de jouer aussi lontemps avec Bernard Segard, et les tentatives furent nombreuses !... ;-) .

Deux années qui resteront inoubliables, avec des premiers concerts devant une vingtaine de pingouins, puis très rapidement les plus grandes salles de la région, d'autres concerts plus intimes mais "mémorables" ( Le "FindLater's" pour le Jour de l'An 83) et quelques premières parties qui ont fait parler d'elles... le tout avec une envie boulimique de jouer, et dans un contexte hyper-favorable, tant la scène niçoise d'alors était prolifique (les "Moko", avec qui nous avons fait une chiée de concerts , en était un des fers -de-lance... on en reparlera ici-même, je l'espère, tout comme on reparlera de la compil' "Week-End à Nice"), Aidée par le succès d'estime du Single et des apparitions dans différentes compilations, par les "papiers" toujours plus nombreux dans la presse spécialisée, la réputation des "Bandits" grandit autant que le nombre d'individus "gravitant" autour du groupe, et les chose se compliquent... Après avoir tout sacrifié pour ce groupe: études, boulots, amis, je me fais "évincer" pour "faute de jeunesse": avoir pris de la dope pendant 15 jours! C'est con... car ensuite, j'en ai pris pendant 15 ans !... (de quoi méditer sur la supposée "amitié" qui peut lier les membres d'un groupe de R'n'R ;-) Certes, le groupe continuera après mon..."éviction" , et quelques mois plus tard celle de Bernard. Les Bandits signeront même chez "Reflexes Records" ("les Ablettes", Rucky Amigos", etc), pour un single supplémentaire et un projet de d'Album, mais nous sommes quelques uns à penser qu'il a définitivement perdu son "cachet", privilégiant une envie manifeste de "réussir" plutôt qu'une envie de "sonner vrai".... ce qui était, selon moi, son véritable "fond de commerce". Et malgré que Christine Lidon ait connu le succès avec quelques compos "bien vendues" (Le 1er album de "Native"... hum), je ne crois pas que les carrières des uns et des autres aient été à la hauteur des espérances et des "moyens" mis en oeuvre...Dommage! En tous cas, ce qui reste aujourd'hui, en dehors de quelques bandes mémorables, ce sont des souvenirs impérissables, et surtout aucuns regrets...

"Le Millionaire"

Face A:
"Le Millionaire"

Face B:
"Barbe Bleue"
"Tu perds ton temps"

Bibi... (p'tain... qu'elle était belle, cette "VOX" !...)